Louisa Babari

BBR

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Louisa Babari est une artiste d’origine russo-algĂ©rienne, nĂ©e Ă  Moscou. Son travail mĂȘle vidĂ©o, installations sonores et photographiques, oeuvres graphique et sculptures. Elle explore les mĂ©moires familiales, les luttes de rĂ©sistance, les transformations sociales et architecturales, en particulier dans les anciens pays socialistes et sur le contient africain. Son oeuvre a Ă©tĂ© exposĂ©e internationalement et rĂ©compensĂ©e par le Prix AWARE en 2023, dont l’exposition reçoit le soutien. Lorsque je rencontre le travail de Louisa, il y a des points de vue Ă©tranges sur des ruines, des architectures et des paysages, qui attirent ma curiositĂ©. L’artiste pose son regard sur un buisson qui enfouit un morceau de tombe, recompose sur fond noir des formes d’archives incomplĂštes, dispersĂ©es. Elle dĂ©fait et refait des textes et des images pour n’en garder que le caractĂšre sensible et mettre en exergue l’essentiel, qui forge l’esthĂ©tique de l’artiste. Dans un musĂ©e, une contre plongĂ©e coiffe une statue antique d’un nĂ©on au caractĂšre industriel, tandis qu’un gros plan sur un mannequin en plastique vĂȘtu d’une robe d’apparat rĂ©vĂšle une rĂ©paration hĂątive de la main entourĂ©e de scotch. Ses films, dans le champ de la vidĂ©o expĂ©rimentale, rĂ©alisĂ©s avec peu de moyens, tissent toujours un lien avec sa famille confrontĂ©e aux champs politique ou intellectuel. Enfin, elle infiltre la rue avec des poĂšmes algĂ©riens et africains, ĂŽde Ă  l’oralitĂ© et Ă  la transmission. Louisa Babari agit en artiste avec ses rĂ©flexes universitaires : elle lit, prĂ©lĂšve, et recompose l’histoire, celle de sa famille et de ses proches, celle de son pays l’AlgĂ©rie, en crĂ©ant un vaste corpus qui est le tĂ©moin de la complexitĂ© du passĂ©. Son Ɠuvre, Ă  l’élĂ©gance punk, gĂ©nĂ©reuse, et aux souvenirs discrets, fait portrait comme autant de « territoires de l’affect » qu’elle met en situation dans ses expositions. Sous ses airs de titre d’album de rap, BBR condense et retient l’histoire antique Numide, Ă  partir des AurĂšs qui a vu ses ancĂȘtres rĂ©sister aux conquĂȘtes impĂ©riales romaines et arabes et investir la guerre d’indĂ©pendance. Dans une approche rhizomique, la pierre reste finalement le motif cardinal de la pratique de l’artiste. Presque toujours, un morceau de tombe, d’architecture, ou de statue apparaĂźt l’air de rien dans ses cadrages inattendus. Les « archives imparfaites », presque abstraites, continuent Ă  tĂ©moigner dans cet ouvrage qui rassemble les deux expositions simultanĂ©es Ă  Marseille et Ă  Troyes.
Maëla Bescond

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